PAOLINO D’ERRICO Pietrantonio
À DÉCOUVRIR en GALERIE
(1951 – )
Né en 1951 dans les Pouilles et installé à Paris depuis 1980, Pietrantonio Paolino d’Errico – dit Pietantonio – grandit au rythme de la lagune, de la mer, des filets et des gestes séculaires.
Fils de pêcheur, il connaît très tôt la tension du lancer, l’attente puis la remontée – ce cycle ancestral qui, des années plus tard, irrigue encore son travail.
Pietrantonio développe une œuvre singulière, à la croisée de la mémoire, du geste et de la matière.
D’un côté, l’évidence de l’Arte Povera, matériaux pauvres et récupérés, gestes essentiels. Filets de pêche, sable, fragments du réel. Mais ici, rien de citationnel : tout est vécu, incorporé. Les filets ne sont pas des objets, ce sont des héritages. Ceux que son père lançait en mer, ceux que sa mère raccommodait. Pietrantonio les dépose sur la toile comme on rejoue un rituel. Il tend, superpose, noue. Il peint, lentement, par couches épaisses d’huile qui exigent parfois des années de séchage. Puis il retire, décolle, arrache. Et aussi il y a le sable, celui de son Gargano d’origine, d’abord. Puis celui du monde, collecté, échangé, offert. Déposé en strates, parfois contraint par le filet, parfois libéré.
Une appropriation à la fois commémorative, picturale et poétique.
La référence à la peinture monochrome ou à certains gestes d’ouverture de la surface – que l’on pourrait associer au travail de Lucio Fontana – ne vaut que comme point de départ. Là où Fontana entaille, Pietrantonio imprime. Là où l’un ouvre, l’autre retient.
Son travail engage ainsi une relecture de la peinture comme lieu de passage autant que de représentation. Une peinture traversée – physiquement, symboliquement – où ce qui importe n’est pas seulement ce qui est donné à voir, mais aussi ce qui persiste, en creux.
Blù lapislazzuli (Bleu lapis lazuli), 2022-2026, huile sur toile, 30×30 cm.
Moby Dick, 1998, huile et filet sur toile, 46×38 cm.






